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FR | Chef Séraphin EHOUMAN K. | Le chef aux multiples facettes | CI |

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Article initialement publié sur Linkedin le 12/09/2020

Participer à la toute première édition du SAARA, passer à des émissions en temps que président du jury, Chef Séraphin EHOUMAN K (Linkedin). est incroyable en cuisine comme en formation. Bien qu’étant aux fourneaux, il n’oublie pas de consacrer de son temps avec la futur génération de cuisiniers pour partager son savoir.

Dans son cursus scolaire, Chef Séraphin n’envisageait pas devenir cuisinier. Son objectif était de devenir médecin. Faisant partie des premiers étudiants grévistes en médecine, chassés du temps du président Feu Félix Houphouët Boigny, certains des membres de ce groupe se sont retrouvés au Burkina Faso, au Mali,au Bénin, ou même au Togo pour continuer leur cursus scolaire. Séraphin EHOUMAN K. n’accepte pas cela et commence à passer des concours. Après deux concours sur trois réussis parmi lesquels figuraient le Lycée Hôtelier et la Gendarmerie, Séraphin ne se voyant pas en tenue de gendarme, opte pour le Lycée Hôtelier. Sa famille d’ailleurs le croyait toujours étudiant.

A sa sortir du Lycée, il commence à travailler à l’Hôtel Ivoire (Abidjan).Les gens le repoussaient en disant, « Comment le fils de Monsieur Ehouman peut-être cuisinier/boy », «Tu sens oignon. Pouce la bas ! ».

Heureusement, avec persévérance et courage il a maintenu le cap.

Aujourd’hui, Chef EHOUMAN fait la fierté de sa famille qui le site en exemple. Il a commencé ce métier avec 37.805 FCFA comme salaire à l’hôtel Ivoire en 1985, alors qu’étant étudiant, il recevait beaucoup plus que ça. Il a quand même continué dans son métier surtout, parce qu’il voulait voler de ses propre ailes.

Retour au pays

Chef Ehouman a commencé très tôt son expérience derrière les fourneaux : à l’âge de 20 ans. Après plus de 35 ans d’activités dont près de dix ans dans les pays de la sous-région et trois ans en Europe, Chef Séraphin a souhaité retourner exercer dans son pays d’origine : la Côte d’Ivoire.

« Le métier dans lequel nous sommes nécessite d’aimer les challenges et moi dans mon cursus, après vingt ans de services, je me suis dit qu’il fallait que je parte voir ailleurs. Je suis aller de challenges en challenges pour avoir toujours plus d’expériences. Je fais l’ouverture, l’implantation des règles d’hygiènes, la carte et trois ans après je m’en vais. Cette fois-ci, je suis venu pour longtemps en Côte d’Ivoire, mon pays. Je suis revenu chez moi.On est jamais mieux que chez soit, ce n’est pas l’implantation à l’extérieur qui est difficile, mais plutôt la nostalgie du pays. Quand on acquière une base en hôtellerie, le mieux c’est plus de venir développer le tourisme chez soi que de rester à l’extérieur ».

Revenu à la terre natale, notre chef fait de l’afro fusion, utilise des produits africains ivoiriens pour transformer, pour en faire des plats européens. C’est une nouvelle tendance aujourd’hui que les touristes veulent découvrir.

Un formateur

Des écoles ont intégré la gestion hôtelière dans leur programme. Séraphin EHOUMAN donne des cours dans certaines d’entres-elles. Par le biais de leur groupe d’anciens cuisiniers, lui et ses collègues, arrivent à former les élites hôtelières de demain. Les formateurs interviennent dans les écoles, deux a trois heures tant en pratique qu’en théorie et à la suite, prennent des jeunes dans les lieux où ils exercent eux-mêmes pour leurs permettre de faire plus de pratique tout en étant en contact avec les éléments notés.

Pour notre Chef, ce métier était perçu avant comme un sous métier. Au fil du temps, ils ont compris que s’étais un métier porteur.Le tourisme en Côte d’Ivoire a commencé à prendre son essor. Ce qui fait que les africains doivent se mettre à la page comme en Europe pour pouvoir gérer le flux de clients qui viennent de partout.A cet instant, les jeune gens ont vu l’opportunité qu’il y a dans l’hôtellerie avec les formations du Chef Séraphin et de son groupe de formateurs,qui arrivent à les canaliser.

Avec ces formations, beaucoup réussissent à s’insérer dans la vie active.Selon lui, « seul les fainéants n’ont pas d’emploi ;parce que, c’est un métier qui est dur en vérité, qui a besoin de patience, d’attention et de temps. Quand tu donnes de ton temps,l’envie et l’engouement, c’est comme le métier de la terre… ça ne trahie pas ».

Anecdote

« Quand on sort nouvellement de l’école hôtelière et qu’on vous intègre dans un groupe de personnes âgées et non originaires de votre pays en plus, ces dernier se disent que vous avez un diplôme et que c’est pour venir prendre leur place. Ce n’est pas facile. Il faut ruser pour pouvoir apprendre davantage d’eux. Et J’ai réussir à canaliser ces refus afin de pouvoir évoluer dans mon domaine.

L’ancien président feu Félix Houphouët Boigny à l’époque quand il a ouvert le Lycée Hôtelier, il avait vu pour Bamako, et cela l’a inspiré de venir en faire aussi un chez lui. Les premiers enseignants étaient des canadiens et ils nous ont appris plein de choses. A cette époque, on allaient beaucoup en stage en Europe, aux Etats Unis, en Grèce puisque le métier n’était pas assez développé en Afrique. On organisait beaucoup de semaines ivoiriennes à l’extérieur. Ce qui a permis de forger encore notre connaissance et notre envie de faire la cuisine. »

Les produits

Généralement les produits qui sortent de la Côte d’Ivoire se retrouvent partout sauf quelques exceptions. Quand bien même que ce n’est pas cultivé dans ces zones, on procède à l’import-export.

En tant que Chef, EHOUMAN valorise les produits bruts du pays. Au lieu de faire une croquette de pomme de terre, il utilise de l’igname qu’il transforme en croquettes.Pour les soufflets de pomme de terre, c’est de l’igname aussi.

On dit quel’Afrique est le berceau de l’Humanité, c’est vrai. Ainsi, en matière de culture, tout part de l’Afrique. Le ‘’kasouler’’ est un plat qui se cuit à l’étouffer,à longue duré et à petit feu. Nos mamans, quand elles veulent mijoter la sauce arachide, parce que ça se cuit longtemps,elles passent deux, trois à quatre heures à faire cette cuisson, lentement afin que le gras ressorte pour qu’on sache que c’est prêt à être dégusté. C’est dans la même vaine. La même cuisine épicée que nous faisons en Afrique nous la retrouvons en Italie, en France, dans les campagnes parce qu’ils ont été colonisés par notre manière de manger quand ils ont été chez nous en tant que colons.

Un entrepreneur

« J’ai ouvert un restaurant dans une ville balnéaire de la Côte d’Ivoire, à 45 km d’Abidjan à Jacqueville dans un petit village qui n’est pas trop exploré. Il a pris son essor ces dernières années avec des paillotes. Le petit village s’appelle ABREBI. C’est là que j’ai ouvert mon auberge le ‘’LE PETIT BON GOUT’’. Je fais à l’ancienne et sa publicité se fait de bouche à oreille comme en Europe. Chez nous tout est bio. La nourriture est thérapeutique. Aujourd’hui, les gens ne mangent plus pour se soigner ni pour être heureux mais pour se sentir à l’aise parce qu’il y a un besoin de nourriture. Il faut amener les clients à savoir que, ce qu’ils ont dans l’assiette peut faire objet de découverte. Une assiette peut avoir trois à quatre goût différents alors qu’on a sept sens dans la bouche. C’est aux Chefs cuisiniers d’expliquer que le plat qu’il fait découvrir est composé de différents éléments ».

« Quand tu aime ce métier, il t’aime. Quand tu ne l’aime pas, il ne t’aime pas non plus. »

  • Interview de Kandanan Maimouna OUATTARA
  • Pour Oodge Guide, une publication Softconcept Africa
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* Licence Professionnelle, Journalisme, Ecole de Spécialité Multimédia d'Abidjan (CI)
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